Je ne saurais trop recommander la lecture du compte rendu de RVA sur les ateliers d’été du courant « Espoir à Gauche » qui ont eu lieu les 21 et 22 août derniers à Marseille autour de Vincent Peillon et François Rebsamen, deux proches de Ségolène Royal.
Daniel Cohn-Bendit (Europe Ecologie – Les Verts), Marielle de Sarnez (MODEM), Robert Hue (ex-PCF et animateur de l’association « Nouvel Espace Progressiste »), Christiane Taubira (PRG) y ont notamment assuré chacun une intervention dont RVA résume la substantifique moelle, en prenant soin, avec sa verve coutumière et son style incisif, de tacler au passage les journalistes beaucoup plus préoccupés à relayer les petites phrases assassines qu’à parler du contenu des débats.
D’ailleurs, c’est bien simple, je n’ai pas l’impression que les médias – audiovisuels en particulier – se soient particulièrement intéressés à cet événement pour souligner ce qu’il en est ressorti. Il leur a semblé beaucoup plus facile au contraire de se concentrer sur les querelles de personnes, sur les stratégies des uns et des autres, dans le but, bien entendu, d’accoutumer l’opinion publique à l’idée que la gauche démocratique, engluée dans ses divergences, est totalement incapable de porter un projet politique.
L’émission « C dans l’air », diffusée le 24 août, est à ce titre exemplaire et son intitulé éloquent témoigne déjà d’un certain parti pris : « PS : on prend les mêmes… » (qu’il me soit permis de relever que dès qu’il s’agit de parler du PS, on y retrouve systématiquement le trio de bons clients formé par Roland Cayrol, Christophe Barbier, et Gérard Grumberg.)
Voici le résumé de l’émission tel qu’on peut le consulter sur le site de France5. Je me contenterai de souligner en gras ce qui me paraît être du parti pris :
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« Un an après le congrès de Reims, aucun apaisement ne semble se dessiner au Parti socialiste. A quelques jours de l’université d’été à La Rochelle, les rendez-vous de courants se succèdent. Au cours desquels les questions des primaires et des alliances dominent les débats.
Premiers à donner le coup d’envoi, Vincent Peillon et les amis de Ségolène Royal se sont retrouvés, vendredi 21 août et samedi 22 août 2009 à Marseille. Une première édition d’ateliers d’été au cours de laquelle l’animateur du courant Espoir à gauche a brisé un tabou en relançant le thème des alliances avec le MoDem, tranché lors de la désignation de la première secrétaire du Parti socialiste, en novembre 2008.
Pour impulser une union de la gauche jusqu’au mouvement de François Bayrou, l’eurodéputé a ainsi invité dans la cité phocéenne Marielle de Sarnez, vice-présidente du MoDem, Daniel Cohn-Bendit des Verts, Christiane Taubira du PRG et l’ex-leader communiste Robert Hue à débattre «d’une nouvelle majorité progressiste pour la France».
A la tribune, tous ont plaidé pour la création d’un « rassemblement écologique, social et démocratique », en vue de préparer une alternance à la présidentielle de 2012. Vivement applaudi, Mariel de Sarnez a même lancé : «Ce qui nous rassemble est plus fort que ce nous divise».
Le lendemain, c’est Arnaud Montebourg qui a mis à profit la Fête traditionnelle de la rose pour accentuer la pression sur le sujet de primaires ouvertes à gauche, qu’il juge prioritaire pour la rénovation du PS. Sur ses terres, à Frangy-en-Bresse, le député de Saône-et-Loire – qui avait menacé dans les colonnes du Nouvel Observateur de quitter le parti si son projet n’était pas retenu par la direction – a dénoncé, dimanche 23 août, les « blocages » du mouvement socialiste. Mais, a-t-il estimé, « les choses bougent. Il est en train de se constituer un consensus » autour des primaires.
Après le ralliement du maire de Paris Bertrand Delanoë, de Benoît Hamon et dernièrement de Laurent Fabius, les yeux se tournent vers La Rochelle, où Martine Aubry devrait, entre autres, trancher cette question et reprendre l’ascendant sur ses troupes… »
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1) Si le PS n’a pas brillé par son unité durant ces derniers mois, on ne peut déduire des rendez-vous estivaux et traditionnels des courants socialistes une absence d’apaisement. Il est normal que chaque composante du PS exprime et défende son point de vue. Le PS a toujours fonctionné ainsi. C’est ce qui en fait sa spécificité – et sans doute aussi sa fragilité – par rapport à la plupart des autres partis politiques structurés, le plus souvent, autour d’un chef incontesté. Je rappellerai aussi que l’anticipation des divergences aux universités d’été du PS est une posture journalistique traditionnelle qui permet d’occulter le travail qui y est réellement effectué.
2) L’alliance PS-MODEM n’a jamais été « un tabou ». C’est une position qui est défendue dans les rangs socialistes. Elle est d’ailleurs déjà pratiquée localement par Martine Aubry, Première secrétaire, dans son fief de Lille. Cette alliance n’est pas une question de principe, mais de simple logique politique. Si la gauche démocratique veut l’emporter en 2012, elle devra être en mesure de construire un large rassemblement. Si le MODEM est prêt à travailler dans ce sens, je ne vois pas au nom de quoi on devrait l’écarter.
3) Marielle de Sarnez n’a pas été « vivement applaudie ». Comme l’indique RVA, présent dans la salle, elle a été applaudie comme il est d’usage après qu’un orateur s’est exprimé. RVA note d’ailleurs que c’est l’intervention de Christiane Taubira qui a suscité le plus d’enthousiasme de la part des participants.
4) On présuppose que la question des primaires sera en passe d’être tranchée par Martine Aubry, laquelle reprendra, à La Rochelle, l’ascendant sur les socialistes. Je me demande simplement quel peut bien être l’ascendant d’une Première secrétaire, élue dans des circonstances troubles, soutenue par une coalition hétéroclite, et qui porte de surcroît la responsabilité – même si elle s’en défend – d’un résultat désastreux aux élections européennes. Cependant si l’ascendant de la Première secrétaire se révèle positif, tant mieux. Je n’aurai rien à redire. Mais je partagerai plutôt l’inquiétude de Marc Vasseur :
« Au fond, j’en viens à me demander si le PS ne va pas une fois encore (de trop ?) être l’acteur frein alors qu’il aurait probablement tout à gagner à être l’acteur moteur mais en a-t-il encore les moyens ? »





QUE PUIS-JE FAIRE?