Du Modem à Georges Frêche, le double aveu de Ségolène

A propos de l’alliance avec le Modem, suite à une question admirablement formulée d’une auditrice, Ségolène Royal a convenu un peu plus qu’implicitement qu’une alliance était envisageable, d’appareil à appareil, entre le PS et le Modem.

A propos de Georges Frêche, faisant son éloge et minimisant la portée des déclarations qui avaient justifié sont exclusion, elle a laissé plus que très fortement entendre qu’en effet, en cas d’élection à la tête du PS, elle envisagerait de le réintégrer dans les effectifs socialistes – comme une promesse tenue.

L’aveu de l’alliance avec le Modem :

Ce matin sur France-Inter, une auditrice a posé une question limpide à Ségolène Royal : « Madame Royal est-elle capable de nous dire clairement qu’elle est POUR un appel au ralliement des militants du Modem et CONTRE un rapprochement des deux formations politiques. »

La réponse aurait pu être tout aussi limpide : OUI je peux répondre clairement et, surtout, OUI je suis POUR un appel aux militants et CONTRE une alliance entre les deux partis politiques – ou du moins tant que l’un est de droite et l’autre de gauche. Force est de constater que la réponse est NON : Ségolène et le Modem

Non, Ségolène Royal – qui par ailleurs n’a de cesse de prôner la clarté – n’est pas capable de répondre clairement à cette question simple. Et oui, donc, il serait envisageable, si Ségolène Royal venait à prendre la tête du Parti Socialiste, que le Parti Socialiste et le Modem s’engagent mutuellement dans un contrat de gouvernement. Et donc oui encore, le Parti Socialiste pourrait de facto se retrouver à gouverner avec les libéraux et se placer ainsi dans l’incapacité, une fois de plus, une fois de trop !, de mener une politique de transformation sociale ambitieuse à la hauteur des urgences sociales et écologiques du XXIème siècle, une politique résolument ancrée à gauche en rupture avec un libéralisme d’autant plus destructeur qu’il est aujourd’hui moribond. Bref, ce serait le grand retour du renoncement social-démocrate façon fin de XXème siècle et son cortège de désillusions. Un bien étrange moyen de prôner le changement et l’ancrage à gauche voulu par les militants socialistes.


L’autre aveu : Georges Frêche

Pas tout à fait accessoirement, Ségolène Royal a également été interrogé ce matin sur ses intentions quant à la réintégration de Georges Frêche dans le Parti Socialiste : Ségolène et Georges Frêche

Le moins qu’on puisse dire est qu’elle a manié davantage l’esquive que la clarté, arguant qu’il s’agirait là d’une décision collective à prendre après qu’elle aurait été élue. Pressé par le journaliste de se faire plus précise quant à sa propre opinion, la candidate s’est cantonné à faire l’éloge d’un homme qui a par ailleurs lui-même confié publiquement avoir négocié son soutien à la motion Royal contre sa réintégration au sein du Parti Socialiste : L’aveu de Georges

Rappelons que Georges Frêche, président du conseil régional de Languedoc-Roussillon, président de la communauté d’agglomération de Montpellier et conseiller municipal de Montpellier, a été exclu du Parti Socialiste, il y a un peu moins de deux ans, suite à ses déclarations à propos de l’équipe de France de football : « Dans cette équipe il y a neuf Blacks sur onze. La normalité serait qu’il y en ait trois ou quatre. Ce serait le reflet de la société. Mais là, s’il y en a autant, c’est parce que les Blancs sont nuls. J’ai honte pour ce pays. Bientôt, il y aura onze Blacks. Quand je vois certaines équipes de foot, ça me fait de la peine. »

Il ne s’agit pas de juger ici du caractère plus ou moins odieux d’une telle déclaration, mais de constater que pour le moins elle est une outrance faite au socialisme, des propos incompatibles avec l’idée-même qu’on peut se faire à gauche de l’universalité de l’homme, qui ne distingue pas les êtres humains selon leur couleur de peau, ou autres caractères ethniques, pour faire des généralités chargées de sous-entendus quant aux aptitudes des uns ou des autres.

Le moins qu’on puisse dire est que venant d’une femme qui en fait beaucoup sur le thème de la France métissée, une telle indulgence est plus que suspecte. Il apparaît sans aucune ambiguïté que des discussions ont eu lieu, que des petits arrangements ont été pris et que des promesses ont été faites en échange de certains soutiens dont on sait qu’ils ont du poids. Pour une candidate qui clame partout le renouvellement des pratiques politiques, ce point est particulièrement éclairant. Ségolène Royal se gargarise régulièrement de vouloir mettre en accord les discours et les actes, mais de tout évidence ce n’est là que du discours…

Une chose est certaine, c’est qu’en cas d’élection de Madame Royal au poste de premier secrétaire du Parti Socialiste, les militants du Languedoc-Roussillon vont devoir attendre un peu avant qu’une équipe rajeunie et des pratiques nouvelles parviennent jusque chez eux. De même que dans les Bouches-du-Rhône, où le très jeune et très moderne Jean-Noël Guérini semble avoir une conception toute personnelle de la démocratie interne.


 

Source : Ségolène Royal : l’Aveu !

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10 Commentaires

  1. Martin P. a écrit: | Permalien

    il fallait le dire

  2. robert a écrit: | Permalien

    Dedalus fait de la grande politique.

    Sa méthode ?
    défendre son candidat ?

    noooon
    sa méthode ?
    prendre les pretextes bien travaillés et faire des dizaines d’articles qu’il va envoyer sur le web. j’ai vite regarder par curiosité ce matin : je l’ai découvert sur betapolitique, sur le post, son blog, ici.

    Prenez un journaliste qui deteste royal (demorrand par exemple, mais tout journaliste parisien fera l’affaire) et vous pouvez compter sur lui pour ne pas rappeler à Aubry ses affaires à elles, ses liens avec le patronat tout ça.
    Vous pouvez comptez sur lui pour le pas parler à Delanoé de ses amitiés avec Lagardère ou Decaux, de son parisiannisme, de sa déconnection, des son échec ridicule aux JO et de sa morgue d’alors.

    Pour Hamon et sa modernité Demorrand n’insistera pas trop sur Emmanuelli ou Lienneman, pas plus qu’il n’insistera sur Hamadi le MJS déjà formaté, parachuté au mépris de tout à Orly pour un échec retentissant et mérité. Belles pratiques !

    Mais pour Royal vous pouvez être sur que pour le plus grand bonheur de Dedalus qui prétend faire de la politique de qualité, notre Demorrand parlera de Modem et de Frèche

    le modem :

    contrairement à Martine Aubry (qui, si j’en crois le JDD, n’est “pour l’instant” pas favorable au rapprochement. Ce “pour l’instant” signifiant j’imagine qu’elle se réserve le droit de se foutre de la gueule du monde et de finir par y être favorable quand ce sera nécessaire) Royal est transparente sur le sujet : sa ligne est celle de Mitterrand et celle de Aubry avant qu’elle ne fasse semblant de l’oublier :

    la gauche toute, les démocrate ensuite :

    nul besoin d’aveu, la position est claire.

    Sur Frèche.
    Mon dieu quelle incroyable faux-cuserie !
    Royal dit quoi ?

    en substance elle dit : Depuis l’exclusion, la justice l’a blanchit, ça ne me regarde plus. Arrêtons de l’agiter comme un épouvantail. Il y a des procédure pour les cas comme lui.

    Alors bien sur il y a une part de calcul.
    Parce que ce que Dedalus et Delanoé font semblant d’ignorer c’est que Freche est président de région, et que sa majorité est PS et que cette majorité ne l’a pas démissionné et que ni Hamon ni Delanoé n’ont demandé à ce qu’elle le fasse parce qu’ils ne veulent pas perdre une région.

    Bien sur j’aurais préféré qu’elle prenne d’autres distances mais dans tous les cas … le débat n’est pas là du tout et Dedalus le sait bien.

    Mais dedalus est en campagne et il ne resiste à aucun coup bas.

    Il y a une personne qui resiste à la tentation des coups bas : Royal.

    Hamon aussi d’ailleurs mais son lieutenant Hamadi est tellement médiocre dans le genre que ça rejaillit un peu vite.

  3. robert a écrit: | Permalien

    d’ailleurs je demande à dedalus si il demandera solennellement à Hamon de demander au conseil régional du Languedoc Roussillon de se désolidariser de son président quitte à risquer la région ou à démissionner tous ?

  4. jon a écrit: | Permalien

    Toujours aussi monomaniaque à ce que je vois dedalus !

    Tiens, un peu de lecture en sus…
    http://www.lepost.fr/article/2008/11/18/1329813_benoit-hamon-erreur-tactique.html

  5. robert a écrit: | Permalien

    j’ajouterais que le choix de l’illustration montre bien la tendance stalinienne qu’il y a dans ces procès qui sont fait à Royal.

  6. jon a écrit: | Permalien

    Je n’osais le dire Robert.

  7. dedalus a écrit: | Permalien

    ça y est robert, vous avez tout dit cette fois ?

    et sinon, sur le fond du sujet ? les deux sujets – Modem et Frêche ? non ? rien à dire ?

    parce que là, a part dire que Ségolène est une victime, des journalistes, des éléphants jaloux, du parisianisme, de la haine, du stalinisme, de la mauvaise foi, de dedalus très très méchant…

    l’épouvantail stalinien, entre socialistes, tout de même ! faut pas avoir peur du ridicule…

    c’est marrant, le dernier à avoir osé ressortir ce vieux spectre, pour faire peur, souvenez-vous, c’était Bayrou…

  8. robert a écrit: | Permalien

    heu… dites, je réagis à votre article.

    sur le fond : je comprends la position de royal donc pas de soucis

    et sur frèche j’en ai fait un long développement

    en revanche (comme d’habitude) je ne vous vois pas répondre à tous ces petits points que Jon et moi soulignons…

  9. robert a écrit: | Permalien

    ah alors vous la demandez la démission du conseil régional ou non ?

    et aubry qui est “pour l’instant” pas favorable et Montebourg qui finalement dit que oui… ça ne vous inquiête pas ?? pourtant c’est pas très local tout ça ?

    non ?

    c’est pas assez du fond ?
    mais ce sont vos sujets pourtant…

  10. narnokatt a écrit: | Permalien

    Oui il faut qu’ils démissionnent et que le PS présente un candidat en face de Frêche.

    Frêche a été blanchi pour l’histoire du Harki, mais ce n’est pas pour cette pitoyable déclaration qu’il a été exclu, c’est pour ses propos racistes sur l’équipe de France digne de Le Pen qui avait fait une sortie analogue.
    Or c’est suite aux déclarations de M. Frêche himself sur Mme Royal que les journalistes en ont parlé, rien d’autre.
    En l’occurrence elle a besoin de ses voix, c’est pas joli joli.

    Aubry aussi recherche les voix de cette fédération liberticide (au niveau du choix de vote des adhérents s’entend), voilà pourquoi elle n’en dit rien.
    Je ne connais pas la réponse d’Hamon sur ce sujet, j’espère que ça volera un peu plus haut.

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